Lutter contre les déperditions énergétiques (2/3) : isolation des combles, des murs et des planchers

Lutter contre les déperditions énergétiques (2/3) : isolation des combles, des murs et des planchers
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Comme nous l’avons vu dans notre article précédent, 60 % des déperditions thermiques d’un logement se retrouvent dans les toitures, les murs et les planchers mal isolés. Face à une telle perte de chaleur, les travaux d’isolation ne sont plus une option, ils sont nécessaires pour retrouver confort de vie et économie de chauffage très rapidement.

Une maison bien isolée vieillit mieux et nécessite moins de travaux d’entretien. L’isolation, combinée avec une ventilation efficace, supprime les risques pour votre santé et les effets de condensation qui causent de nombreux désordres (peinture, fenêtres, murs…).

Rappel des bonnes pratiques pour une isolation réussie

  • Ventiler, ventiler, ventiler ! Rappelons-le, l’air intérieur d’un logement devient rapidement vicié à cause des polluants intérieurs, mais aussi de la vapeur d’eau provenant de ses occupants et de leurs activités. Pour assainir l’air dans dans le logement et garder performant le système de chauffage, l’isolation doit toujours être associée à une ventilation efficace, contrôlée ou assistée mécaniquement (VMC). Pour en savoir plus, consultez les articles Ventiler : une nécessité pour votre santé et votre logement et Comparatif : quelle VMC choisir pour une bonne ventilation ?
  • Étanchéité à l’air : un bon système de ventilation et d’isolation sous-entend le contrôle de l’air qui entre dans le logement par une étanchéification efficace. Ainsi les entrées d’air sont contrôlées et gérées et n’entrent pas en conflit avec l’isolation ou la ventilation, rendant ces derniers inefficaces.
  • Supprimer les ponts thermiques : ces zones de faiblesse dans l’enveloppe d’un bâtiment laissent passer les flux de froid ou de chaleur et provoquent des effets de condensation qui peuvent engendrer la formation de traces noires et de moisissures. Pour y remédier, il faut assurer une bonne continuité de l’isolation et de la membrane d’étanchéité sur l’ensemble de l’enveloppe externe.
  • Éliminer toute condensation dans les parois : par temps froid, la vapeur d’eau qui traverse une paroi de l’intérieur vers l’extérieur se refroidit progressivement jusqu’à se condenser en eau dans la paroi. Ces transferts d’humidité dépendent des matériaux qui composent les murs. L’isolant choisi doit être adapté en fonction de ce critère. Dans tous les cas, une isolation ne doit jamais être exécutée sur une paroi présentant des signes d’humidité.

Isoler ses combles

30 % des dissipations thermiques sont situées au niveau des combles et de la toiture. C’est la plus grosse perte thermique de votre logement. Pour vous assurer un confort hiver comme été et réaliser des économies d’énergie, il est indispensable de mettre en œuvre une isolation thermique performante dans ses combles.

Isoler les combles perdus

Un comble perdu est une surface située sous la toiture qui, par définition, n’est pas habitée et n’est pas chauffée.

On peut considérer comme comble perdu une surface prévue pour un aménagement futur, mais non encore exploitée. Les techniques d’isolation ne sont donc pas les mêmes selon que le comble est prévu ou non pour être aménagé à l’avenir. Quelle que soit la configuration, une isolation est nécessaire pour protéger la partie chauffée du logement.

Un comble perdu non aménageable résulte :

  • d’une toiture à faible pente
  • de la pose d’une charpente industrielle (en W) encombrant tout l’espace sous toiture

Les isolants en vrac ou les isolants à souffler sont généralement plus appropriés pour les combles perdus, car ils sont difficiles d’accès et proposent peu d’espace de manœuvre. On trouve des isolants à base de laine de verre ou laine de roche, mais aussi des isolants bio sourcés (ouate de cellulose, fibre de chanvre, fibre de bois, laine de mouton, etc.)

Lorsque le comble perdu est un futur comble habitable dont l’aménagement est reporté, il est aussi important de l’isoler du reste de l’habitation.

Si le plancher est déjà réalisé, il est possible de poser des rouleaux de laine de verre directement sur ce dernier (bord à bord) afin d’assurer un parfait calfeutrement de l’ensemble de la surface du comble. Ce type d’isolation est rapide à la réalisation.

 

 

Si le plancher n’est pas encore réalisé, la pose de laine de verre en 2 couches est préconisée : une première couche entre chevrons (elle doit faire l’épaisseur de ces derniers), et une deuxième couche par dessus (bord à bord) afin d’assurer un calfeutrement de l’ensemble et en particulier au droit des chevrons (pour éviter la création d’un pont thermique).

Isoler les combles aménageables

Véritables pièces de vie supplémentaires, les combles aménageables (ou combles habitables) sont aussi les plus sensibles aux écarts thermiques (chaud et froid) avec l’extérieur. Elles doivent impérativement être isolées de manière performante. Selon la place dont vous disposez, il vous est possible de choisir entre l’isolation par l’intérieur et l’isolation par l’extérieur.

L’isolation des combles par l’intérieur

Les panneaux et les rouleaux sont les plus utilisés. Ils se placent sur la structure de la charpente et contre les murs extérieurs en soubassements (lorsqu’ils existent). Pour gagner en volume intérieur, optez pour la pause entre chevrons. Mais, il est recommandé de placer l’isolant sous les chevrons pour éviter les ponts thermiques.

 

L’insufflation d’isolant en vrac est aussi une bonne alternative. Généralement réalisée par un professionnel, la méthode consiste à injecter sous pression l’isolant dans un caisson étanche à l’air. Cet isolant est alors recouvert d’un pare-vapeur ou d’un frein-vapeur puis d’un parement de finition (bois, plâtre).

 

 

L’isolation des combles par l’extérieur (ITE)

C’est une opération plus lourde en termes de travaux que l’isolation par l’intérieur car elle nécessite d’enlever le revêtement de toiture (les tuiles, par exemple). Un lit d’isolant rigide (polystyrène extrudé (PE), laine minérale haute densité, fibres de bois …) est posé sur une volige pleine fixée directement sur les chevrons en simple ou double épaisseur.

Si vous faites une réfection complète de votre toiture, optez pour cette solution. Elle n’impacte pas le volume habitable, préserve la charpente des variations de température et d’humidité, assure une isolation continue et durable et garantit la ventilation de la toiture.

Prudence toutefois : les solutions d’isolation par l’extérieur ne sont pas prévues pour être complétées par une isolation intérieure. Si pour des raisons d’insuffisance de performance thermique et/ou acoustique, vous envisagez de compléter cette ITE par une isolation par l’intérieur, il faudrait alors impérativement faire réaliser une étude hygrothermique des parois par un bureau d’étude thermique pour vous garantir contre les risques de condensation dans l’épaisseur des parois.

L’isolation des toitures terrasse

A cause du risque de condensation qu’elle peut générer à l’intérieur du logement, l’isolation par l’intérieur est à proscrire pour isoler le plafond en sous-face d’une toiture-terrasse. L’isolation conventionnelle d’une toiture terrasse consiste à placer une couche d’isolant entre la membrane d’étanchéité et le pare-vapeur qui est lui-même posé sur le support. Cette méthode est la plus performante en termes d’isolation et d’étanchéité. Le choix de l’isolant (polyuréthane, polystyrène extrudé, fibres de bois) est dépendant de l’usage que vous ferez de votre toit terrasse (accessible ou non). Si toutefois votre étanchéité est déjà posée et en bon état, il est possible de procéder à une pose inversée : l’isolant est alors posé sur la membrane d’étanchéité. Cependant, cette méthode est moins performante et peut engendrer des désordres à long terme (défaut d’étanchéité, dégradation de l’isolant).

Isoler ses murs

Les murs représentent 20 % des déperditions thermiques. De nombreux systèmes constructifs existent, le choix est large selon vos possibilités financières et techniques. De l’isolation intérieure (ITI) la plus courante à l’isolation par l’extérieur (ITE), une méthode vous conviendra forcément.

L’isolation des murs par l’intérieur

C’est la méthode la plus couramment utilisée : accessible financièrement et réalisable sans grandes connaissances techniques.

Toutefois, l’isolation par l’intérieur n’a pas que des avantages, ou en tout cas, il faut bien en connaître les limites :

  • perte de surface habitable : quelque soit l’isolant choisi, la mise en oeuvre empiétera forcément sur votre pièce. Dans de cas de petites pièces cela peut vite devenir un désavantage, surtout si vous surveillez votre surface pour une vente (une chambre peut perdre sa classification devenir un bureau par exemple pour quelques centimètres carrés de perdus)
  • mise en oeuvre parfois casse tête : comme vous isolez pour respecter les normes de la RT 2012, vous devez respecter les règles de l’art dans les jonctions avec les ouvertures (fenêtres, portes), les boîtiers électriques (interrupteurs, prises) ou les passages de canalisations. Cela demande une bonne maîtrise de la mise en oeuvre.
  • ponts thermiques difficilement maîtrisés : comme vu au point précédent, de nombreux points sont à contrôler pour obtenir une isolation sans faille. Si des ponts thermiques existent déjà, il est nécessaire de les traiter au risque de ne pas obtenir un résultat performant. On peut utiliser pour cela la technique des retours d’isolant pour les limiter (voir p. 29 du document de l’ADEME « Isoler son logement »).

L’isolation sur ossature métallique est la méthode d’isolation par l’intérieur la plus courante en France. La mise en place d’une ossature métallique est aisée avec des outils faciles à utiliser. Il suffit ensuite de glisser des panneaux d’isolant entre les ossatures puis de couvrir d’un pare-vapeur pour une étanchéité plus performante.

Il existe un autre système d’ossature métallique sur fourrure. Des rails haut et bas sont fixés au sol et plafond. Les fourrures sont fixées verticalement et renforcées grâce à des appuis qui se fixent sur le mur à isoler. Ce système a l’avantage d’obtenir une isolation continue sans rupture puisque les panneaux d’isolant sont accolés les uns aux autres.

L’ossature peut aussi être réalisée en bois avec des tasseaux vissés. L’isolant spécial ossature bois, est aussi glissé entre les montants avant d’être recouvert d’une membrane pare-vapeur d’étanchéité à l’air. Il faut alors prendre garde à conserver l’étanchéité intacte lors des passages de câbles, les montages de boîtiers et les canalisations.

L’isolation par insufflation nécessite la mise en oeuvre d’une ossature bois délimitant des caissons qui recevront les flocons d’isolant. Ces caissons sont recouverts d’une membrane pare vapeur. Par une petit incision, le technicien projette l’isolant en vrac dans les caissons jusqu’à complet remplissage de ceux-ci afin d’assurer une parfaite étanchéité à l’air.

L’isolation des murs par l’extérieur (ITE)

L’isolation thermique par l’extérieur consiste à doubler les murs de façade d’une habitation avec un système composé d’un isolant et d’un revêtement, assurant protection et finition, mis en oeuvre sur le chantier ou en usine.

Isoler ses façades par l’extérieur est une solution idéale en rénovation : pratique et esthétique vous améliorez votre qualité de vie et embellissez votre maison.

Les avantages de l’isolation thermique extérieure  sont nombreux :

  • conservation de la surface intérieure : une isolation par l’intérieur réduit la surface habitable dans des proportions non négligeables. Que ce soit pour votre confort ou pour valoriser votre patrimoine, opter pour l’isolation par l’extérieur c’est conserver la surface habitable.
  • moins de nuisances pendant les travaux : grâce à l’intervention par l’extérieur vous préservez l’intérieur de votre habitation des nuisances du chantier. De plus, vous pouvez vivre dans votre logement quasiment comme d’habitude.
  • traitement des ponts thermiques amélioré : comme vu précédemment, les ponts thermiques sont une plaie pour l’isolation et la salubrité de votre logement. Isoler par l’extérieur permet de limiter ou de supprimer ces ponts thermiques.
  • performance thermique accrue : en « enveloppant » littéralement votre habitation, l’isolation extérieure protège les murs des variations climatiques et leur inertie thermique est conservée. Et comme l’isolant est appliqué de manière continue, les effets de condensation sont quasi inexistant.
  • ravalement de façade et valorisation de votre patrimoine : Isoler par l’extérieur c’est rénover sa façade puisqu’il faut mettre en place un nouveau revêtement, plus esthétique ou plus moderne parfois. Vous faites donc d’une pierre deux coups : vous relookez votre habitation et la revalorisez dans les mêmes travaux. Les finitions de façade sur une ITE sont variées : bardage, enduit, panneaux décoratifs… vous pouvez laissez libre court à vos envies.
  • harmoniser une extension sur l’existant : à l’occasion d’une extension de votre habitation, vous pouvez choisir d’isoler le bâtiment existant par l’extérieur (tout comme le nouveau). Ainsi, vous profitez des bienfaits de l’isolation thermique par l’extérieur tout en uniformisant les façades des deux corps de bâtiments.

Devant tout ces avantages, bien sûr, un seul point noir peut vous freiner : les dépenses financières engendrées par l’ITE sont supérieures à celles de l’isolation par l’intérieur et il est fortement conseillé de faire réaliser ces travaux par un professionnel. De plus, une déclaration préalable de travaux ou l’obtention d’un permis de construire sont nécessaires car vous modifiez l’aspect extérieur de votre habitation.

Des aides financières peuvent, sous conditions, vous être accordées. Consultez notre dossier Rénovation : quelles aides pour vos travaux ? pour savoir à quelles aides vous êtes éligible.

L’isolation des planchers

Les planchers sont à l’origine de 10 % des déperditions thermiques d’une habitation, en moyenne.

En rénovation, il existe 3 façon d’isoler les planchers :

L’isolation de plancher par le haut est mise en oeuvre lorsque le plancher est posé sur le sol ou que sa face inférieure n’est pas accessible. Elle consiste en la mise en place d’un isolant adapté sur le plancher existant (dalles de polystyrène extrudé ou expansé, laines de verre ou laines de roche), qui sera ensuite recouvert du sol fini (plancher, chape + carrelage, …)

 

L’isolation de plancher par le bas est choisie lorsque celui-ci est au dessus d’un vide sanitaire, d’un garage ou d’une pièce non chauffée. L’isolant est alors fixé mécaniquement sur la face inférieure du plancher, il peut s’agir de laine de roche ou de fibres de bois en panneaux. A noter : si la pose de l’isolant n’est pas continue, des ponts thermiques et courants de convection peuvent apparaître.

L’isolation entre les éléments structurels du plancher utilise des isolants aussi divers que la laine minérale, les billes d’isolant, les flocons d’isolant. Tout dépend si l’accès se fait par le haut ou par le bas. Pour un accès par le haut, le retrait du plancher précédent doit être effectué. Cette méthode entraîne cependant des ponts thermiques au droit des pièces de structure (chevron, poutres).

 

Pour aller plus loin : réaliser des petits travaux additionnels

Une fois les travaux de rénovation de l’isolation de votre habitation terminés, vous pouvez compléter votre effort par de menus travaux qui améliorent encore votre performance thermique :

  • Condamner les cheminées non utilisées afin d’éviter  l’arrivée d’air froid par le conduit.
  • Isoler les coffres de volets roulants.
  • Désolidariser les balcons.
  • Calorifuger le ballon et les tuyaux d’eau chaude traversant des pièces non chauffées.
  • Isoler les portes donnant sur les pièces non chauffées (garage, cave).

 

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